Wissame KHAMARI étudiante à l’université de BATNA
Filière Français Langue Étrangère 1ère année L.M.D + 3ème année ingénieur état en informatique
Filière Français Langue Étrangère 1ère année L.M.D + 3ème année ingénieur état en informatique
I-Sciences du langage
L'histoire des sciences du langage remonte à la nuit des temps, puisque
l'Humain a toujours échangé avec son semblable.
Les sciences du langage font, avec les mathématiques et l'astronomie, partie de ce que l'on peut appeler les disciplines cardinales pour l'humanité. Ce sont en effet les domaines du savoir pour lesquels nous possédons les traces les plus anciennes, rendues possibles par l'invention de l'écriture, d'une activité réfléchie de description et de théorisation.
Dans le cas des sciences du langage, on peut considérer que, déjà au IIe millénaire avant J.-C., les listes unilingues en sumérien, les listes « grammaticales » utilisées par les Akkadiens et les listes bilingues akkadien-sumérien sont le premier stade d'une activité lexicographique, monolingue puis bilingue.
L'origine des langues, ou plus généralement du langage, est un sujet sur lequel les penseurs se sont penchés depuis des siècles.
Au cours de l'évolution humaine, les protolangues et les moyens non-linguistiques de communication ont donné naissance à, au moins, un système de communication orale, mais beaucoup de choses restent à découvrir là-dessus. Des études récentes tendent à montrer que les langues ont pris naissance il y a 200 000 ans, à la suite d'une mutation du gène FOXP2. Aucun groupe social humain contemporain ne parle une langue "primitive" ou rudimentaire.
La confusion des langues, Gustave DoréCe dessin se conforme à la tradition picturale: la punition divine frappe les humains pour leur ambition sans bornes à édifier Babel; le motif mythologique est comparable à Prométhée, qui provoque la colère divine en dérobant le secret du feu.
l'Humain a toujours échangé avec son semblable.Les sciences du langage font, avec les mathématiques et l'astronomie, partie de ce que l'on peut appeler les disciplines cardinales pour l'humanité. Ce sont en effet les domaines du savoir pour lesquels nous possédons les traces les plus anciennes, rendues possibles par l'invention de l'écriture, d'une activité réfléchie de description et de théorisation.
Dans le cas des sciences du langage, on peut considérer que, déjà au IIe millénaire avant J.-C., les listes unilingues en sumérien, les listes « grammaticales » utilisées par les Akkadiens et les listes bilingues akkadien-sumérien sont le premier stade d'une activité lexicographique, monolingue puis bilingue.
L'origine des langues, ou plus généralement du langage, est un sujet sur lequel les penseurs se sont penchés depuis des siècles.
Au cours de l'évolution humaine, les protolangues et les moyens non-linguistiques de communication ont donné naissance à, au moins, un système de communication orale, mais beaucoup de choses restent à découvrir là-dessus. Des études récentes tendent à montrer que les langues ont pris naissance il y a 200 000 ans, à la suite d'une mutation du gène FOXP2. Aucun groupe social humain contemporain ne parle une langue "primitive" ou rudimentaire.
Bien que les langues existantes diffèrent les unes des autres par l'étendue et les thèmes de leur lexique, toutes les langues humaines possèdent une grammaire et une syntaxe permettant l'invention, la traduction, voire l'emprunt à d'autres langues du vocabulaire nécessaire à l'expression des pensées et des réflexions de leurs locuteurs.
L'origine et l'histoire des langues a toujours fait l'objet de l'attention des penseurs. Ainsi, de nombreux mythes tendent à donner aux langues une origine divine ou supranaturelle (Tour de Babel, Hermès, ...). La langue unique des origines aurait ainsi été divisée en une multitude pour apporter la discorde entre les hommes.
De nos jours, la discipline scientifique ayant pour objet l'étude de l'histoire et de l'évolution des langues est la linguistique comparée.
Origines mythologiques des langues
Dans l'antiquité grecque : Hermès, Zeus

Dans la mythologie grecque, Hermès (Ἑρμῆς / Hermễs, nom grec, Ἑρμᾶς / Hermãs en dorien) est une des divinités de l'Olympe. Il est le dieu du commerce, le gardien des routes et des carrefours, des voyageurs, des voleurs, le conducteur des âmes aux Enfers et le messager des dieux.
Il correspond au Mercure des Romains
Zeus (en grec ancien Ζεύς / Zeús, de la racine indo-européenne *dyēus, dieu du ciel[1]) est le roi des dieux dans la mythologie grecque. Il règne sur le Ciel et a pour symbole l'aigle et le foudre[2]. Fils de Cronos et de Rhéa, il est marié à sa sœur Héra. Il eut plusieurs enfants dont Héraclès, un demi-dieu, et Athéna, qui fut accouchée par Zeus lui-même, et qui lui sortit par le dessus du crâne, fendu par Héphaïstos, son propre fils, renié par son père quelques temps après.Zeus est apparenté à Jupiter dans la mythologie romaine. On retrouve également des divinités semblables dans d'autres panthéons : Taranis chez les Gaulois, Thor et Odin chez les Scandinaves ou encore Dyaus Pitar et Varuna chez les hindous.
La tour de Babel
La tour de Babel, dont la première mention fut faite par les Sumériens était, selon la Genèse, une tour que souhaitaient construire les hommes pour atteindre le ciel. Descendants de Noé, ils représentaient donc l'humanité entière et étaient censés tous parler la même et unique langue sur Terre, une et une seule langue adamique. Pour contrecarrer leur projet, Dieu multiplia les langues afin que les hommes ne se comprennent plus. Ainsi la construction ne put plus avancer, elle s'arrêta, et les hommes se dispersèrent sur la terre.Cette histoire est utilisée pour illustrer un propos, comme les dangers de vouloir se placer à l'égal de Dieu, de le défier par notre recherche de la connaissance, ou encore comme la nécessité qu'a l'humanité de se parler, de se comprendre pour réaliser de grands projets. Ainsi qu'au risque de voir échouer ces projets quand chaque groupe de spécialistes se met à parler le seul jargon de sa discipline.
On peut aussi, plus simplement, la voir comme une tentative de réponse des hommes au mystère apparent de l'existence de plusieurs langues.
Les récits de constructions que les hommes tentaient d'élever jusqu'au ciel ont depuis longtemps marqué les esprits, source d’inspiration pour bon nombre d’écrivains et d’artistes.
Études contemporaines
Essai sur l'origine des langues
L'Essai sur l'origine des langues est une œuvre posthume inachevée de Jean-Jacques Rousseau dans laquelle il réfléchit sur les langues et la musique, mais aussi complète le Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes. Il fut commencé vers 1755 mais resta inachevé et fut publié par Pierre-Alexandre Du Peyrou, exécuteur testamentaire de Rousseau, en 1781.
La langue originelle, également appelée langue-mère ou protolangue originelle, est un langage hypothétique qui constituerait un idiome vieux d'au moins 50 000 ans, parlé par les populations homo sapiens primitives, et aurait été le premier langage de l'être humain. Cette hypothèse est rattachée à la notion d'unicité : toutes les langues découleraient indirectement de celle-ci.
Langue originelle
Débat sur l'existence d'une langue originelle
Les travaux de Merritt Ruhlen et John Bengtson sur la question d'une langue originelle, ainsi que ceux de Pierre Bancel et Alain Matthey de l'Etang, suscitent de nombreuses critiques dans les milieux de recherche linguistique.
Langue originelle ou réinventée ?
Une explication généralement avancée pour des racines communes de mots de base parmi les langues est l'explication physiologique. Certains sons, parmi les plus simples à prononcer pour le bébé humain, comme l'ouverture de la bouche associée à la voyelle ouverte la plus aisée à articuler, donne "ma", ce qui serait une explication de l'occurrence de la racine "mama" pour désigner la mère.
Certains mots auraient ainsi pu être réinventés par plusieurs générations de sapiens. Ainsi, ces mots ne pourraient constituer nécessairement des vestiges d'une langue originelle.
Pour les linguistes soutenant l'idée d'une unique langue mère, l'hypothèse physiologique est insuffisante, et n'explique pas la fréquence parmi les protolangues de racines comme (k)aka qui serait à l'origine du latin avunculus, lui-même à l'origine du français « oncle ».
Merritt Ruhlen rapporte par exemple que tik («doigt») et aq'wa («eau») sont des racines que l'on retrouve dans 32 familles de langues et protolangues reconnues.
Racines supposées de la langue originelle
Une trentaine de racines ont été identifiées par le linguiste Merritt Ruhlen.
Filiation
aja : mère, parent féminin plus âgé
(k)aka : aîné mâle du côté maternel, oncle maternel
kuna : femme
mako : enfant
(m)ama, (n)ana : mère
mano : homme
(p)apa, (b)aba : père, aïeul de la branche paternelle
Anatomie
bu(n)jka : genou ; courber
cun(g)a : nez ; sentir
kamo,kol : bras
kati,kemik : os
maliq'a : sucer, têter, allaiter ; poitrine
poko : bras
puti : vulve
teku : jambe, pied
tik : un (chiffre) ; doigt
tsaku : jambe, pied
tsuma : poil, cheveux
Autres
aq'wa : eau
bur : cendres, poussières
kama : tenir à la main
k'olo : trou
kuan : chien
ku(n) : qui ?
mana : rester sur place
mena : penser (à)
mi(n) : quoi ?
pal : deux
par : voler dans les airs
tika : Terre
Langue adamique

Le thème lié à la recherche de la langue parlée par les personnages mythiques des textes fondateurs des religions abrahamiques, Adam et Ève, a passionné les érudits travaillant sur le fait religieux.Détail du Jardin d'Eden, panneau gauche du triptyque Le Jardin des délices de Bosch ; entouré d'animaux, l'homme leur trouve un nom. Les invente-t-il lui-même, réalisant la volonté divine, ou les noms lui sont-ils soufflés par le Créateur ? La parole d'Adam fut-elle identique au Verbe divin ?
La langue adamique serait donc une protolangue hypothétique, puisque liée à la condition de suivre le récit de la Génèse.
Le passage du texte sacré accréditant l'existence de cette langue propre aux deux personnages symboles est celui du nomothète, lorsque le créateur présente les animaux de la Création à Adam et lui demande de leur trouver un nom ; le nommage d'Adam se fait alors sur le mode performatif, "baptisant" les créatures.
L'utopie d'un retour à une langue unique parlée par l'Humanité, situation supposément perdue lors de l'épisode de la confusion des langues lors de l'édification de la Tour de Babel (ce qui l'associe à un châtiment divin), est corrélée à ces recherches. Alors que la pensée du Moyen Âge a tenté de retrouver ce retour, dans une perspective de concrétiser l'œuvre de Dieu, le rationalisme de l'époque moderne, lié à l'expansion des Empires, a tenté de le faire dans une logique d'universalité dans le contexte de l'essor de l'humanisme.
Les érudits antérieurs, ou théologiens contemporains sont relayés dans les travaux de recherche par les linguistes.
1 Un thème de travail pour les mormons
2 Une rétrospective par Umberto Eco
2.1 Les concepts de l'Antiquité sur la question
2.2 Fin du monde antique
2.3 Époque médiévale
2.4 Époque moderne
2.5 Études contemporaines
Un thème de travail pour les mormons Aux États-Unis, les mormons ont travaillé cette thématique en considérant que la langue adamique parlée par Adam était celle de Dieu et des Elohim ; et que par dérivation l'hébreu contient certains mots découlant "purement" de cette langue des origines.
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Une rétrospective par Umberto Eco
En Europe, le linguiste émérite Umberto Eco a livré une synthèse concernant l'état de l'art sur ce sujet au travers des siècles dans son livre La recherche de la langue parfaite dans la culture européenne.
La Tour de Babel peinte en 1587. Le mythe judéo-chrétien lui impute la confusion des langues.
Dans le sillage de la construction européenne, il a présenté le résultat de ses travaux en 1993 à l'Institut de France, devant un parterre de personnalités représentant l'intelligentsia parisienne du moment. À cette occasion, il a regretté avoir été précédé par un autre auteur pour le titre de ses travaux de recherche, Après Babel étant pour lui le meilleur titre possible.
Centré sur les civilisations européennes, le travail rétrospectif d'Umberto Eco présente les raisons pour lesquelles le thème d'un retour à une hypothétique langue identique pour tous les êtres de la planète a pu agiter les idéologies dans diverses périodes de l'histoire continentale. Pour lui, verser dans de tels travaux visant à la résurgence d'une unité linguistique supposément perdue a fait partie pour les religieux et les savants antérieurs des éléments structurants de l'identité européenne.
Les concepts de l'Antiquité sur la question
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Fin du monde antique
La thématique de l'édification de la Tour de Babel apparaît au Haut Moyen Âge en Occident et devient ensuite un thème pictural.
Après avoir relativisé le crédit que l'on peut porter à cette hypothèse, relatant que, en termes de confusion des langues, la pléthore d'idiomes et de patois locaux en Europe dépasse l'imagination (« je retrouve une nouvelle langue que l'on dépose sur mon bureau chaque semaine depuis que j'ai démarré cette étude », dit-il), il explique les circonstances dans lesquelles le mythe de Babel est popularisé dans le contexte de l'Occident chrétien en formation dans le cours du Haut Moyen Âge : alors que l'immixtion des peuples de la civilisation germanique avec ceux des terres de l'ancien Occident romain ont amené une dégradation graduelle du latin, les communautés villageoises sont désemparées du désordre linguistique qui résulte de la sédentarisation des colonnes sorties vainqueurs de l'époque tumultueuse des Grandes invasions. Umberto Eco rapporte que les deux premières apparitions dans les églises de fresques montrant la Tour de Babel remontent au VIIe siècle [réf. nécessaire] , à l'issue de quoi la reproduction de ce thème iconographique est systématique dans les lieux de culte chrétiens; de sorte que les curés répondent alors à l'inquiétude populaire concernant la disparition de l'unité linguistique antérieure du latin en plaçant en exergue un passage tiré des Écritures : prosaïquement, le message pictural est "ce qui vous arrive est une punition divine".
Époque médiévale
Après un préambule citant les principales nations médiévales et le contexte de xénophobie qui leur correspondait [1], les croyances médiévales sont représentées par Raymond Lulle qui, dans un texte parmi les 400 travaux qu'on lui attribue, propose une théorie numérologique et cabalistique en rapport avec les savoirs des érudits juifs d'al-Andalus, qui fait la démonstration que les mots d'une certaine langue, traduits en chiffres, sont "purs" et correspondent à des mots provenant d'une autre langue puisque le chiffre cabalistique des deux leur est commun. D'une manière moins obscure, un tel procédé de rapprochement, effectué par des permutations de lettres, associe la ville de Rome (ROMA) avec l'amour (AMOR) voire le roman écrit. Si l'étrangeté de cette démarche de codification n'était contemporaine des farces de Rabelais, on pourrait la rapprocher de travaux de linguistique comparée.
Époque moderne
L'Europe westphalienne en 1648, à l'issue des traités de Westphalie : si l'unité politique n'est plus envisageable, peut-être peut-on encore rêver à une unité linguistique ?
Après la Renaissance le latin n'est plus parlé par le peuple, et les nations européennes en cours de formation rivalisent entre elles, chacune tentant de former une langue qui rattache ses populations en gommant les particularismes locaux. Pour le cas de la France, voir l'article Histoire de la langue française et le XVIIe siècle avec l'institution de l'Académie française afin de faire disparaître les usages linguistiques dans les parlers locaux, au profit d'une promotion du français classique.
L'important pour une nation devient donc de faire triompher sa langue, notamment sur les terres militairement conquises.
Un des terrains de cette rivalité est l'idéologie apportée par des écrivains de chacune des nations en compétition ; invariablement l'auteur y affirme que sa langue nationale émane en droite ligne de la langue adamique, et représente pour des raisons variables justifiant de sa supériorité, le meilleur substitut à l'ancien latin impérial sur Mare Nostrum, voire d'autres références glorieuses.
En parallèle, les grandes nations européennes se constituent en Empires, qui chacun se sont targués d'être une résurgence de l'Empire romain d'Occident ; l'Empire byzantin, survivant légitime tardif, ne représentant plus qu'un cousin éloigné, étrangé car parlant grec, bientôt objet d'exotisme sous la loupe déformante de l'orientalisme.
Umberto Eco lors d'une cérémonie officielle à l'Université méditerranéenne de la région Calabre, en Italie (photo prise en 2005).
Comme langue parfaite au regard de ses concurrentes et voisines, ainsi en est-il du gaélique [2], du toscan pour Giovann Battista Gelli en 1542, puis Piero Francesco Giambullari en 1564 ; du flamand pour Goropius Becanus (1569) et Abraham Mylius en 1612 ; du suédois selon Olaus Rudbeck en 1675 et Andreas Kempe en 1688. L'allemand est une langue parfaite pour Georg Philipp Haurdörffer et Schottel en 1641. Est-il nécessaire de préciser que pendant ces années la monarchie française a proclamé le classicisme de ses lettres et de sa culture comme le plus subtil héritage du legs gréco-romain ?
Umberto Eco cite également un auteur anglais [réf. nécessaire] qui affirme, légende de Brutus sous le coude, que l'anglais comprend le plus de termes dérivés en droite ligne du latin, et que la réussite de l'Empire britannique lui assure une double domination comme langue impériale, destinée à devenir la seule de l'Humanité, à défaut d'être celle des origines.
Quand à la mystique chrétienne allemande Anne Catherine Emmerich, elle révéla que les langues dérivées de la protolangue adamique de manière la plus directe furent la langue bactriane [3] , le Zend (un persan antique) et le sanskrit, introduisant un rapprochement avec la protolangue indo-européenne tout à fait dans l'air de ce temps d'éclosions des théories nationalistes couplées à des idées racistes différenciant le genre humain, qui allaient faire fureur à compter du XIXe siècle.
Histoire de la langue française
Le français est une langue romane parlée en France, dont elle est originaire, ainsi qu'en Belgique, au Canada, au Luxembourg, en Suisse et dans 51 autres pays ayant pour la plupart fait partie de l'ancien empire colonial français.
Le français est la langue romane la plus éloignée du latin car de multiples parlers ont contribué à son évolution phonétique. En premier lieu, le gaulois: des mots comme chêne, charrue, mouton, tonne ou crème en sont des survivances. La seconde pourvoyeuse fut la langue des Francs, si bien que le français est la plus germanique des langues latines: trop, bleu, gris, brun, blond, marcher, garçon et bien sûr France font partie de cet héritage. Les mots Gaule, gaulois dérivent de, ou ont interféré avec le germanique wahl- (étranger, gallo-romain). Par la suite d'autres langues ont contribué à son développement lexical (italien, anglais, arabe, etc).
Le terme langue d'oïl, dans certains cas, peut être un synonyme de français.
La langue française a cette particularité que son développement a été en partie l'œuvre de groupes intellectuels, comme la Pléiade, ou d'institutions, comme l'Académie française. C'est une langue dite «académique». Toutefois, l'usage garde ses droits et nombreux sont ceux qui malaxèrent cette langue vivante, au premier rang desquels Molière : on parle d'ailleurs de la « langue de Molière ».
Devant la prolifération de néologismes importés de langues étrangères, la plupart de la langue anglaise, le gouvernement français tente de prendre des mesures pour « protéger » la pureté de la langue. Ainsi, le 7 janvier 1972, il promulgue le décret N° 72-9 relatif à l'enrichissement de la langue française, prévoyant la création de commissions ministérielles de terminologie pour l'enrichissement du vocabulaire français.
1 Ie-Ve siècles : interaction entre latin vulgaire et langue gauloise
1.1 Le latin vulgaire
1.2 le substrat gaulois
2 Ve-IXe siècle : influence du superstrat francique
3 l'ancien français
4 le moyen français, ou français préclassique
5 le français classique
6 Chronologie par l'orthographe
6.1 Roman
6.2 Ancien français (Xe-XIIIe s.)
6.3 Moyen français (XIVe siècle-XVe siècle/XVIe siècle)
6.4 Français classique (XVIe siècle-XVIIe siècle/XVIIIe siècle)
6.5 Français moderne (à partir du XVIIIe siècle)
7 Caractéristiques culturelles de chaque période
7.1 XIVe siècle XVe siècle : désorganisation
7.2 Renaissance : relatinisation
7.3 XVIIe siècle : le français langue de culture
7.4 XVIIIe siècle : le français parlé dans les cours européennes
8 Bibliographie
9 Articles connexes
Ie-Ve siècles : interaction entre latin vulgaire et langue gauloise
L'histoire de la langue française commence avec l'invasion de la Gaule par les armées romaines sous Jules César en 59 av. J.-C. Les romains envahissent d'abord la Provence au IIe siècle, puis au IIIe siècle l'ensemble de la Gaule, dont la population celtique, homogène, comptait alors environ 10 millions d'habitants. Les soldats et les commerçants romains ont importé avec eux le "sermo cotidianus", ou latin vulgaire. Cette assimilation est lente puisqu'elle se réalise sur quatre siècles. Le latin fonctionne comme langue de l'écrit et de l'administration, tandis que le gaulois, de tradition orale puisqu'il ne s'écrivait pas ou peu, conserve alors une fonction de langue d'échange.
Le latin vulgaire
Article détaillé : Latin vulgaire.
Le latin vulgaire se distingue du latin classique par les caractéristiques suivantes:
C'est une langue métaphorique: on utilise manducare (mâchouiller) au lieu du classique edere (d'où manger, ou mangiare en italien, menjar en catalan et manjar en occitan).
Les diminutifs sont fréquents : auricula, geniculum (oreille, genou).
Simplification des formes morphosyntaxiques :
Les genres et cas : réduction progressive aux seuls nominatif et accusatif (alors qu'il y en a 6 en latin classique); la déclinaison du neutre est ramenée à celle du masculin, et des déclinaisons irrégulières s'alignent sur les déclinaisons régulières.
Apparition des formes analytiques :
Les verbes :
Apparition du futur de type venire habeo (> *vénire áio, d'où je viendrai en français, vindré en catalan ou vendré en castillan), les formes passives de type amatus sum à valeur de présent (alors qu'en latin classique amatus sum à valeur de passé), et le passé de type habeo panem manducatum (> *áio pane manducatu, "j'ai du pain mangé", d'où le sens "j'ai mangé du pain").
Disparition du supin, du participe futur (morituri te salutant ne peut être traduit que par une périphrase en français moderne), et des infinitifs futur et parfait (amaturum esse et amavisse peuvent difficilement se traduire en français moderne). Les temps du passé du subjonctif se confondent et se réduisent.
Les prépositions : formes analytiques telles que in hac hora (d'où le français encore, le catalan encara ou l'italien ancora).
Les adverbes : les formes en -mente ("à la façon de") se généralisent (bonamente, d'où bonnement).
L'ordre des mots tend à se fixer :
cela est dû à la réduction des cas aux seuls nominatif et accusatif. En outre, au niveau phonétique, le m final, significatif de l'accusatif, disparaît dans la langue parlée (rosam prononcé [rosa, roza] se confond avec le nominatif rosa).
les prépositions, du coup, progressent : ad pour marquer le datif ou l'accusatif (eo ad Roma(m) < title="Génitif" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9nitif">génitif.
l'adjectif, l'épithète et le génitif se placent après le substantif (le nom commun).
le verbe prend une position médiane dans la phrase (et non finale, comme en latin classique).
Enrichissement des phonèmes (sons, voyelles et consonnes):
Augmentation des phonèmes vocaliques (c'est-à-dire les voyelles telles qu'elles sont dites, plutôt qu'écrites). Cela provient du fait que le système voyelles courtes/longues du latin classique est remplacé en latin vulgaire par un système voyelles ouvertes/fermées. Ainsi [é] court devient [è], [é] long devient [é] court, tandis que [o] court devient o ouvert (comme dans bonne), et [o] long devient o fermé (comme dans zone).
Lors de l'invasion romaine, La Gaule était peuplée d'une multitude de tribus celtes qui parlaient le gaulois (ou, plutôt, de nombreuses variantes mutuellement intelligibles car ayant un fond commun important). Après la conquête du pays en 51 av. J.-C., et au cours des siècles suivants, la langue des romains (le latin vulgaire) fut peu à peu adoptée par tous, mais le bilinguisme dut être une réalité jusqu'au Ve siècle (le gaulois semble ne plus avoir été parlé après le VIe siècle).
L'influence sur la syntaxe et le vocabulaire du latin vulgaire fut certaine: en gaulois le verbe est souvent en deuxième position dans la phrase, et l'ordre sujet+verbe est fréquent. La numération vigésimale (par vingt) proviendrait du gaulois (quatre-vingts), ainsi que le suffixe de lieu -ac (dans la partie sud de la France) ou -ay, -ai ou -y (dans la partie nord et en Belgique) (d'où les villes Cognac, Douai, Tournai ou Neuilly). Ne subsistent en français moderne qu'environ cent-cinquante mots courants. La voyelle [y] (le u français, y du grec classique ou ü allemand) était présente en gaulois, mais ce sont les Francs qui l'ont réintroduite en Gaule.
Autres caractéristiques du gaulois :
C'est une langue à déclinaisons et conjugaisons, avec un lexique riche en dérivations et compositions (suffixes, préfixes) : Ver-cingeto-rix ("Très-puissant-roi").
Présence de phonèmes étrangers au latin classique : l'affriquée [ts] parfois écrite par un d barré (le français souche pourrait venir d'un gaulois [tsuka]); la voyelle [y].
La langue gauloise est peu connue car peu d'inscriptions ont subsisté.
Ve-IXe siècle : influence du superstrat francique [modifier]
La chute de l'Empire romain (an 476) marque la fin des évolutions phonétiques communes à l'ensemble de la Romania. Les invasions germaniques au Ve siècles sont traditionnellement considérées comme le facteur de la perte d'unité du latin et de sa dialectisation. Même s'il n'a pas pu prévaloir, le francique influe sur la langue romane parlée alors, si bien qu'au VIe et VIIe la prononciation a beaucoup changé. En Gaule du Nord la langue gallo-romane et le germanique cohabitent du Ve au Xe siècle, et le colinguisme est la règle. En français moderne il ne resterait plus qu'environ 300 mots d'origine francique, mais le francique a influencé le protofrançais aussi au niveau de la prononciation et un peu la synthaxe.
L'influence du germanique sur le français et sur les autres langues d'oïl porte surtout sur la prononciation et le vocabulaire (et moins sur la grammaire et la synthaxe). C'est cette influence germanique qui distingue les langues d'oïl des langues d'oc. Le picard et le wallon sont les langues latines les plus germanisées, alors que le français officiel, lui, n'a eu de cesse à travers les siècles d'épurer son vocabulaire pour le rapprocher sans cesse du sacro-saint latin; par exemple le français moderne n'aime pas les lettres k et w, jugées trop germaniques, alors que ces lettres furent bien représentées en protofrançais (cf. La Chanson de Roland dans son texte original); autres exemples, les mots d'origine germanique tendent à disparaitre: sûr/sûre (au sens d'amer/amère, cousin de l'allemand sauer ou l'anglais sore), maint/mainte (cousin de l'anglais many), guet , heurt (cousin de l'anglais hurt), etc. Notons que certains mots d'origine germanique n'ont pas été introduits en français par le francique, mais par d'autres langues germaniques: boulevard (du vieux néerlandais bolwerk), échoppe (du néerlandais, cf. aussi l'anglais shop), nord/sud (du vieil anglais), bâbord/tribord (du néerlandais bakboord).
Avant le Ve siècle : Certains mots d'origine franque sont entrés en latin vulgaire bien avant les grandes invasions. En effet il y avait de nombreux contacts entre Germains rhénans et Romains notamment en Gallia belgica. En outre, les Francs fournirent de nombreux fédérés et mercenaires dans l'armée romaine, où certains occupèrent même de hautes fonctions. Avant les grandes invasions, les rapports entre Germains et Gallo-Romains sont tels que le Code théodosien (an 370) interdit les mariages mixtes, et les édits d'Honorius (fin IVe-début Ve) interdit le port du costume barbare en ville (manteau de fourrure, cheveux longs, pantalons). Le mot Francia lui-même, qui devait désigner probablement une zone imprécise en Gallia belgica, est une latinisation du francique Franko qui date du IIIe siècle (Franko, pour Franko(n)? cf. Franconie, allemand Franken).
Ve-Xe siècles : en Gaule du Nord la langue gallo-romane et le germanique cohabitent. Il était même de mode de donner aux enfants des prénoms germaniques, mode qui se perpétua, puisqu'au IXe siècle 9 personnes sur 10 portent un prénom d'origine franque (exemples Charles, Louis, Guillaume, Richard, Robert, etc). Les Mérovingiens, puis les Carolingiens sont bilingues; Hugues Capet (Xe siècle) de langue maternelle romane, semble avoir été le premier souverain de France à avoir eu besoin d'un interprète pour comprendre le germanique.
Ce bilinguisme explique pourquoi les Serments de Strasbourg de 842 furent écrits en romana lingua et en teudisca lingua (teudisca, on rencontre aussi thiotisca et theodisca, même racine que le deutsch allemand, et les mots Teutons, tudesque, thiois et l'italien tedesco; les alternances t/th et eu/eo/io reflètent des tentatives diverses de transcrire des sons absents de l'alphabet latin). On estime généralement que les Serments de Strasbourg sont le premier texte écrit en protofrançais (ou romana lingua ou encore roman). Bien sûr, cette romana lingua ne ressemble pas beaucoup au français moderne, mais cette langue en est néanmoins l'ancêtre. La première mention de l'existence d'une langue romane ne date que de 813, lors du concile de Tours, réuni à l'initiative de Charlemagne, qui impose désormais de prononcer les homélies dans les langues vulgaires au lieu du latin — « rusticam Romanam linguam aut Theodiscam, quo facilius cuncti possint intellegere quae dicuntur », c’est-à-dire dans la « langue rustique romaine » (« langue romane de la campagne », forme de protofrançais nommée roman (pour la France) ou dans la « langue tudesque » (germanique) pour l'Allemagne — afin tous puissent plus facilement comprendre ce qui est dit. C'est en effet à cette époque qu'en France on prend conscience qu'on parle une langue différente du latin, probablement parce que, de toutes les langues romanes, elle en est la plus éloignée. Il faut attendre entre 880 et 881 pour le premier texte littéraire, la Séquence de sainte Eulalie, encore qu'on puisse considérer que la langue de ce texte est plus du picard que du français lui-même.
Même s'il n'a pas pu prévaloir, le francique influe sur le latin parlé alors, si bien qu'au VIe et VIIe la prononciation a beaucoup changé. Les contributions du francique sont, ou ont été, notamment les suivantes :
La prononciation:
renforcement de l'accent tonique d'intensité en milieu de mot; ceci à pour conséquence l'amuissement ou la chute de la voyelle finale, et la diphtongaison des voyelles longues en milieu de mot (phénomène attesté à partir du IVe siècle en Romania, mais surtout en Gaule à partir du VIe siècle): murus > murs (masculin singulier), murum > mur (accusatif singulier); máre > *maer > mer; rosa > rosa (prononcé [rozë]). Ceci entraine l'assourdissement des consonnes finales: grande > grant (d'où la prononciation [t] dans grand homme en français moderne).
(ré)introduction du [y] (ü): dans langues romanes ce phonème n'existe qu'en langue d'oïl et dans certains dialectes du nord de l'Italie.
prononciation du r non roulé: en français standard le r non roulé du Nord (influence germanique) l'a emporté sur le r roulé du Sud (influence latine).
réintroduction du h aspiré (disparu du latin, tout comme en castillan et en catalan où il s'écrit mais ne se prononce pas, ou en italien où il ne s'écrit même plus), bien qu'en français moderne le h aspiré a de nouveau disparu; dans les mots d'origine germaniques il continue néanmoins à éviter la liaison: les halles, la haine [léal, laèn], mais les hôpitaux, les herbes [lézopito, lézèrb]. L'adjectif haut est un mélange de altus et de hoh, d'où les hauteurs prononcé sans liaison.
introduction du son [w], disparu du latin vulgaire. Néanmoins ce phonème sera prononcé [gw], pour aboutir à [g] en français moderne: guerre, garder (cf. anglais war ou ward, mais le castillan et le catalan conservent la forme intermédiaire guard-).
Le vocabulaire :
introduction de mots (avec, entre parenthèses, des mots cousins dans d'autres langues germaniques, même si parfois le sens a changé): bleu (allemand blau, aussi blanc, gris, blond), gâcher (allemand waschen, anglais wash), meurtre (anglais murder), haine (allemand hassen), blinder (anglais blind), Gaule/gaulois (anglais Welsh, allemand Welsch, et aussi Wallon).
le suffixe -ard, propre au français, du francique hard ("dur"): chauffard, trouillard, criard. Ce suffixe produit des mots péjoratifs d'une intensité réelle; c'est la contribution du francique qui est encore utilisé en français moderne pour créer de nouveaux mots. Le suffixe -aud (du francique -wald) lui non plus ne produit plus de nouveaux mots.
les suffixes -ois, ais: il est généralement admis qu'ils proviennent du francique -isk, mais certains y voit le latin -ens(is) (d'où le castillan francés, le catalan francès et l'italien francese).
le suffixe -ange (cf. anglais ou néerlandais -ing, allemand -ung) par l'intermédiaire des langues d'oïl du Nord: boulange/boulanger, vidange (du verbe vider).
Le préfixe mé(s)-, lui ne subsistent que dans quelques mots (mésentente, mégarde, méfait) mais n'est plus utilisé de façon spontanée dans la création de nouveaux mots (cf. anglais misunderstand, mistake, miscarry).
l'adjectif placé avant le substantif: propre aux langues germaniques, cet ordre est jugé ridicule ou littéraire en français moderne (la blanche colombe), mais il est plus fréquent en français que dans les autres langues latines; il est parfois quasi-obligatoire (belle femme, viel homme, grande table, petite table), et quand il est facultatif c'est que le sens n'est pas le même: homme grand/grand homme, certaine chose/chose certaine. En wallon l'ordre adjectif+nom est systématique.
La syntaxe et la grammaire :
la présence systématique du pronom avant le verbe, comme dans les langues germaniques: je vois, tu vois, il voit (alors que le pronom est facultatif en italien ou en espagnol, comme dans veo, ves, ve). Le pronom on (de (h)om/homme), propre au français, pourrait lui aussi être une adaptation du germanique (cf. allemand mann/man, néerlandais man/men, danois mand/man).
l'inversion sujet/verbe > verbe/sujet pour former les interrogations, qu'on rencontre dans les langues germaniques mais pas dans les langues latines, sauf en français.
possible mais pas certain: l'usage du verbe avoir comme verbe modal pour former des temps du passé (j'ai fait, j'ai dit); cet usage est commun à toutes les langues germaniques, mais on le retrouve aussi en catalan, castillan et italien, ce qui implique que cet usage date d'avant les invasions germaniques. Mais cet usage n'existait pas en latin classique.
Notons aussi que les minuscules de notre alphabet dit latin sont en fait la variante nord-européenne/germanique de l'alphabet des Romains. L'alphabet que les Romains utilisaient n'avait pas de minuscules, et correspondait à nos seules majuscules (A, B, C...). Charlemagne unifia l'écriture de l'Europe du Nord et celle du Sud en combinant les deux (le Sud n'utilisait encore que l'alphabet romain), d'où notre double alphabet majuscules/minuscules. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'on appelle parfois les minuscules l'écriture caroline (carol-, de Charle-magne). Le Nord germanique a toujours su créer de nouvelles lettres (w, j, Þ, ð, ø; cf. aussi le k peu présent en latin mais répandu dans le Nord) alors que le sud a toujours été plus conservateur et préfère l'ajout d'accents à des lettres existantes (ç, é, è, à, ñ, ô, ã, etc) ou la combinaisons de lettres pour transcrire un seul son (ch, ph, cf. les combinaisons françaises "eu", "ou", ou encore "qu" là où un simple k pourrait être utilisé).
l'ancien français
du IXe au XIIIe siècle.
Article détaillé : ancien français.
le moyen français, ou français préclassique
Langue de tradition entre le français ancien et moderne, le moyen français a perduré du XIVe au XVe siècle.
Article détaillé : moyen français.
le français classique
du XVIe au XIXe siècle
C'est en 1539 que l'ordonnance de Villers-Cotterêts impose le français comme langue du droit et de l'administration.
La Révolution, elle, impose les langues vernaculaires comme langue maternelle.
On peut définir à peu près cinq états de la langue française, qui est bien sûr passée progressivement de l'un à l'autre ; dans les exemples ci-dessous, l'orthographe est celle des éditeurs et non celle des auteurs. Il ne faut pas oublier que jusqu'au XIXe siècle, l'orthographe normée du français, qui s'établit lentement à partir du XVIe siècle, reste très variable. D'autres découpages sont possibles et ne sont, bien sûr, que des moyens de situer un texte par rapport à l'état de la langue.
Chronologie par l'orthographe
La manière de classer les états de la langue qui suit ne s'appuie pas seulement sur sa grammaire mais aussi sur son orthographe :
Roman
« Pro deo amur et pro christian poblo et nostro commun saluament, dist di in auant, in quant deus sauir et podir me dunat, si saluarai eo cist meon fradre Karlo et in adiudha et in cadhuna cosa, si cum om per dreit son fradra saluar dist, in o quid il mi altresi fazet, et ab Ludher nul plaid nunquam prindrai, qui meon uol cist meon fradre Karle in damno sit » extrait des Serments de Strasbourg (843) :
L'influence du germanique est visible au niveau de:
la syntaxe : l'adjectif mis avant le nom (christian poblo);
l'orthographe : présence du k (Karle, "Charles") et du dh (Ludher, "Lothaire");
la prononciation : le dh transcrit le d interdental (le th sonore anglais).
Ici l'écriture caroline (les minuscules modernes) est employée. Elle n'existait pas au début de l'ère chrétienne (on n'utilisait alors que les majuscules actuelles); ainsi la lettre v s'écrivait V en majuscule et u en minuscule, et transcrivait aussi bien la consonne [v] ou la voyelle [y] (le "u" français ou le "ü" allemand). La différenciation V/v et U/u n'apparaitra que bien plus tard.
Ancien français (Xe-XIIIe s.)
Xe siècle, Vie de Saint Léger (vers 980) :
Domine Deu devemps lauder / Et a sos sancz honor porter. / In su’amor cantomps dels sanz / Quœ por lui augrent granz aanz,
XIIe siècle, Chanson de Roland (vers 1170) :
Seignurs baruns, a Carlemagnes irez ; / Il est al siege a Cordres la citet. / Branches d’olives en voz mains porterez, / Ço senefiet pais e humilitet,
XIIe siècle, Alexandre de Bernay, Roman d'Alexandre (vers 1185) :
Li mengiers est tous pres, que li quieu l’ont hasté, /Puis sont li siege fait et li tapit geté. / Li chevalier s’assieent qant il orent lavé / Et on lor a le vin en hanas aporté,
XIIe siècle-XIIIe siècle, Jehan Bodel, Brunain la vache au prestre (fabliau ; entre 1165 et 1210) :
o
Nus hom mouteploier ne puet / Sanz grant eür, c’est or del mains. / Par grant eür ot li vilains / Deus vaches, et li prestres nule. / Tels cuide avancier qui recule,
Moyen français (XIVe siècle-XVe siècle/XVIe siècle)
XIVe siècle, les Enseignemenz (livre de recettes, entre 1304 et 1314) :
Por blanc mengier — Se vos volez fere blanc mengier, prenez les eles e les piez de gelines e metez cuire en eve, e prenez un poi de ris e le destrempez de cele eve, puis le fetes cuire a petit feu, e puis charpez la char bien menu eschevelee e la metez cuire ovec un poi de chucre,
XVe siècle, François Villon, le Lais ou le Petit Testament (vers 1456) :
Le regart de celle m’a prins / Qui m’a esté felonne et dure ; / Sans ce qu’en riens j’aye mesprins, / Veult et ordonne que j’endure / La mort, et que plus je ne dure,
Français classique (XVIe siècle-XVIIe siècle/XVIIIe siècle) [modifier]
XVIe siècle Louise Labé, Sonnets (entre 1545 et 1555) :
Je vis, je meurs : je me brule et me noye. / J’ay chaut estreme en endurant froidure : / La vie m’est et trop molle et trop dure. / J’ay grans ennuis entremeslez de joye,
Note : la langue du XVIe siècle est à une période charnière. La considérer comme du français classique peut sembler contestable. Rappelons qu'un tel découpage est forcément arbitraire.
XVIIe siècle, Charles Perrault, Peau d’Âne (1694) :
Il était une fois un Roi, / Le plus grand qui fût sur la Terre, / Aimable en Paix, terrible en Guerre, / Seul enfin comparable à soi : / Ses voisins le craignaient, ses États étaient calmes.
Français moderne (à partir du XVIIIe siècle)
Caractéristiques culturelles de chaque période
XIVe siècle XVe siècle : désorganisation
Le XIVe siècle fut marqué par la grande peste et, sur le territoire de la France actuelle, par la guerre de Cent Ans, qui entraîna une Renaissance plus tardive en France que dans le reste de l'Europe, et une désorganisation des institutions.
On peut noter pour cette période l'importance qu'eut le livre des merveilles du monde de Jean de Mandeville, sur le plan linguistique. Ce livre, écrit par un explorateur qui avait passé 34 ans de sa vie en orient (il était allé jusqu'en Chine), fut écrit (sous forme de manuscrits puisque l'imprimerie n'existait pas encore), à 250 exemplaires dans différentes langues. Il influença le jeune Christophe Colomb.
Renaissance : relatinisation
La Renaissance se produisit en France avec un siècle de retard, ce qui eut des conséquences dans l'apparition du français préclassique.
Événements clés :
Ordonnance de Villers-Cotterêts (1539)
Transfert de la bibliothèque royale de Blois à Fontainebleau (1544)
Le français devient la langue officielle du droit et de l'administration. Le droit coutumier doit être écrit en langue vulgaire.
Lors de la Renaissance, la société cultivée continuait d'employer le latin dans les universités. À l'université de Paris, par exemple, le latin était encore très parlé.
Cependant, la grande majorité de la population, la société peu cultivée, parlait les langues vulgaires. Les brassages culturels dus aux grandes découvertes, à l'intensification des échanges commerciaux, à l'avènement de l'imprimerie, firent que l'antiquité a été perçue comme un modèle par les humanistes de la Renaissance (période historique), qui critiquèrent alors la société du Moyen Âge (d'où d'ailleurs la connotation péjorative du terme Moyen Âge).
Les humanistes de la Renaissance se sont alors mis à emprunter de très nombreux mots au latin alors même que ces mots existaient déjà en français. Du fait de l'évolution phonétique du bas latin et de l'ancien français qui était survenue entre-temps, il est resulté de cette ré-introduction artificielle de très nombreux doublets lexicaux (exemple : hôtel et hôpital dérivent tous deux de hospitale).
Voir l'article doublet lexical pour une description détaillée et une liste de doublets.
XVIIe siècle : le français langue de culture
Événements clés :
Création de l'Académie française (1635) (voir aussi Académie)
Création de l'Académie des sciences (1666) ; au début, l'Académie des sciences fonctionne sans statuts ; les statuts ne seront adoptés qu'en 1699 ;
Création de la Comédie-Française (1680)
Développement de la Bibliothèque du Roi par Louis XIV
Œuvres clés écrites en français classique :
Le discours de la méthode, René Descartes (1637)
Les Provinciales, Blaise Pascal (1656)
Pensées, Blaise Pascal
La logique de Port Royal (voir Port Royal) correspond à des travaux en logique en rapport avec la linguistique, par les jansénistes Antoine Arnauld et Claude Lancelot.
Le latin continua d'être enseigné dans les universités. Il commença à perdre de son prestige.
XVIIIe siècle : le français parlé dans les cours européennes
À la veille de la Révolution française, on estime qu'un quart seulement de la population française parle français, le reste de la population parle des langues régionales.
Au nord ce sont les parlers d'oïl, au sud les parlers d'oc, formes régionales de l'occitan, ainsi que le breton, le basque, le catalan, l'arpitan, le flamand, l'alsacien entre autres.
En revanche, le français est couramment pratiqué dans toutes les cours européennes. En 1685, Pierre Bayle peut ainsi écrire que le français est « le point de communication de tous les peuples de l'Europe ».
Le français n'est pas seulement la langue de la diplomatie, comme on en fait souvent la remarque, c'est également un puissant vecteur dans les domaines de l'art, des sciences et des techniques. On lit Rabelais dans le texte en français de Moscou à Lisbonne;
Au XVIIIe siècle, le français est la langue véhiculaire de l'Europe.
Cette période perdure jusqu'à l'émergence d'un concurrent au même rôle, l'anglais.
La cour anglaise a pratiqué longtemps le français en mémoire des fondateurs de la couronne moderne. La guerre de Cent Ans a mis un terme à cet usage (1362), mais aujourd'hui encore, toutes les devises royales anglaises sont en français : « honni soit qui mal y pense » au premier chef, « Dieu et mon droit », moins souvent cité, également. L'anglais garde toutefois une forte empreinte de français et les dernières études menées sur ce thème évaluent à environ 29% la part du français dans le lexique anglais moderne (voire pour certains jusqu'à 70% [1]).
Le français s'est toujours écrit au moyen de l'alphabet latin, enrichi depuis le XVIe siècle par des diacritiques dont l'écriture et l'utilisation ne seront réglées qu'à partir du XVIIIe siècle. Pour plus de détails, on peut consulter Diacritiques utilisés en français.
Histoire des langues construites et nouvelles
Histoire de l'espéranto
Histoire de l'espéranto
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Sommaire
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1 Les débuts
2 Expansion
3 La période des Guerres
4 Après la guerre froide
5 Aujourd'hui
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Les débuts
Ludwik Lejzer Zamenhof ébauche à l'âge de 19 ans un premier projet de Lingwe Uniwersala. Cet essai est la réponse d'un jeune homme sensible face à un contexte linguistique politique et social extrêmement tendu dans lequel se trouve la Pologne à cette époque. Cette première ébauche sera détruite par son père. En 1887, à l'âge de 28 ans, il en présente une nouvelle version complètement retravaillée, sous le nom de Langue Internationale : Internacia lingvo et sous le pseudonyme de Doktoro Esperanto (« Le docteur qui espère »). C’est cette signature qui donnera plus tard le nom de la langue « espéranto ». Dans sa préface du premier manuel publié en 1887, Zamenhof avait défini ainsi le but de la Langue internationale : « Que chaque personne ayant appris la langue puisse l'utiliser pour communiquer avec des personnes d'autres nations, que cette langue soit ou non adoptée dans le monde entier, qu'elle ait ou non beaucoup d'usagers. »
Expansion
Le premier club d'espéranto naît en 1888 sur les ruines du club de volapük de Nuremberg lorsque ses membres découvrent la langue proposée par Zamenhof. C'est aussi dans cette même ville que paraît en 1889, La Esperantisto, le premier journal en langue internationale. Le cercle des personnes qui se lancent dans son étude s'agrandit. La liste des mille premières adresses paraît la même année avec cinq noms en France, dont celui de Louis de Beaufront (en fait Louis Chevreux). Plus de 60% des abonnés de La Esperantisto sont russes en 1895. Aux graves difficultés financières qu'il connaît s'ajoute l'interdiction d'entrée sur le territoire russe. En effet Léon Tolstoï devenu un grand ami de l'espéranto après l'avoir étudié, écrit un article qui déplaît à la censure tsariste. C'est le coup de grâce pour le journal. La solidarité transnationale se manifeste alors pour la première fois pour sauver la langue. Un étudiant de l'université d'Uppsala et un directeur d'institut vinicole d'Odessa lancent à la fin de la même année un nouveau journal, Lingvo Internacia. La période suédoise relaie donc la période russe. Les initiatives se multiplient. La progression s'accélère pour cette « langue du Docteur Esperanto » que l'on trouve déjà plus simple et sympathique de nommer « Espéranto ». En Suisse, Hélène Giroud est en 1895 la première femme aveugle au monde à l'apprendre puis à l'enseigner. Professeur d'allemand, âgée de 28 ans, Alice Roux est la première femme à l'apprendre en France. Elle le fait découvrir en 1896 à un lycéen de Louhans, Gabriel Chavet qui, dès l'année suivante, y fonde le premier club d'espéranto de France et l'un des six premiers au monde. En 1898 paraît un premier numéro de L'Espérantiste qui annonce la fondation de la Société pour la propagation de l'espéranto (SPPE). La période française commence pratiquement avec le XXe siècle. Édité en Suède depuis 1895, Lingvo Internacia est transféré en 1904 à Paris où la rédaction se trouve depuis 1902, puis sous la plume de Théophile Cart qui revient de l'université d'Uppsala ou il enseignait le français. La langue se propage déjà hors d'Europe : Canada en 1901, Algérie, Chili, Japon, Malte, Mexique et Pérou en 1903, Tunisie en 1904, Australie, États-Unis, Guinée, Indochine, Nouvelle-Zélande, Tonkin et Uruguay en 1905, etc. 1905 avec le premier Congrès mondial d'espéranto à Boulogne-sur-Mer est une année historique dans le monde espérantophone. Elle marque le premier rassemblement important de personnes de nationalités différentes avec l'espéranto comme seule langue commune. Accueillant 688 participants originaires de 20 pays, ce congrès démontre que l'espéranto est parfaitement adapté à la fonction de langue internationale. 1905 est aussi l'année de l'acceptation du Fundamento de Esperanto c'est-à-dire l'ensemble des principes intangibles qui garantissent la stabilité et l'évolution de la langue, et l'année de la création du Comité linguistique qui constitue la première étape vers la fondation de l'Académie d'espéranto, en 1908, au moment où la langue traversa une crise de « réformite » avec la création de l'Ido. Théophile Cart dans les colonnes de Lingvo Internacia sera un des défenseur du Fundamento. Il fut partisan de l’orthodoxie de la langue, et participa aux controverses sur les questions de morphologie et de syntaxe qui agitèrent les cercles espérantistes au début du siècle, ainsi qu'aux polémiques qui mirent alors en péril l'unité de la collectivité espérantophone. Afin de protéger l'espéranto contre toute dérive idéologique, le congrès de Boulogne-sur-Mer adopte la Déclaration sur l'espérantisme : « L'espérantisme est l'effort pour répandre dans le monde entier l'usage d'une langue humaine neutre qui, sans s'immiscer dans les affaires intérieures des peuples et sans viser le moins du monde à éliminer les langues nationales existantes, donnerait aux hommes des diverses nations la possibilité de se comprendre ; qui pourrait servir de langue de conciliation au sein des institutions des pays où diverses nationalités sont en conflit linguistique ; et dans laquelle pourraient être publiées les œuvres qui ont un égal intérêt pour tous les peuples. Toute autre idée ou aspiration que tel ou tel espérantiste associe à l'espérantisme est son affaire purement privée, dont l'espérantisme n'est pas responsable. »
Les congrès se suivent désormais chaque année jusqu'en 1913.
La période des Guerres
La Première Guerre mondiale éclate le 2 août 1914, juste au moment où le congrès de Paris, pour lequel 3739 personnes d'une cinquantaine de pays se sont inscrites, doit s'ouvrir en présence de Zamenhof. Il n'aura pas lieu, les autorités allemandes ayant empêché Zamenhof d'y venir. La guerre entraîne la disparition de nombreuses associations et publications d'espéranto, entre autres Lingvo Internacia. Beaucoup d'espérantistes sont tués au front. Zamenhof meurt le 14 avril 1917. La recherche de disparus s'organise. Président de l'Universala Esperanto-Asocio (UEA), qu'il a fondée en 1908, Hector Hodler recommande aux délégués de visiter autant que possible les prisonniers de guerre et de voir s'il n'y a pas des espérantistes parmi eux. L'Association chrétienne des jeunes gens (YMCA) diffuse elle-même des brochures d'espéranto auprès des prisonniers de guerre de divers pays. Il est appris dans des camps de détention où aucun autre moyen ne permet à des personnes n'ayant aucune langue commune de bien se comprendre en aussi peu de temps. La fraternisation entre les prisonniers peut ainsi s'établir. Il n'est pas rare qu'un seul détenu enseigne la langue à plusieurs centaines d'autres qui copient les mots et les règles, entre autres en Sibérie. L'Universala Esperanto-Asocio, dont le siège est à Genève, assure chaque jour la transmission de 200 à 300 correspondances entre les pays belligérants, parfois même avec leur traduction, entre des amis séparés, des prisonniers, leur famille ou des proches. Le nombre de services ainsi rendus atteint 200 000 durant la guerre. L'espéranto est utilisé aussi par la Croix-Rouge. En 1916, alors qu'il est sous-secrétaire d'état à la santé, Justin Godart recommande son apprentissage par une circulaire aux infirmiers militaires. Il commande 10 000 exemplaires du petit manuel du capitaine Bayol, Esperanto-Ruĝa Kruco, pour le faire distribuer. Ce livret est traduit dans sept langues. L'espéranto se relève très vite lorsque la paix revient, au point que, dès 1922, son enseignement est dispensé en Allemagne à 20 000 élèves par 630 enseignants. En revanche, la même année, le gouvernement français s'oppose à une proposition déposée au siège de la Société des Nations en décembre 1921 par onze pays parmi lesquels l'Inde, la Chine, la Perse et l'Afrique du Sud. Elle vise son inscription parmi les langues admises dans toutes les écoles du monde. Le ministre de l'instruction publique interdit, en 1922 la mise à disposition des locaux scolaires pour son enseignement, ce en quoi il sera imité en 1935 par le ministre de l'éducation du IIIe Reich, Adolf Hitler ayant critiqué l'espéranto dans un discours. À Kassel, en 1923, se tient sous la présidence d'honneur d'Albert Einstein le IIIe congrès de l'Association Mondiale Anationale (SAT), organisation à caractère socio-culturel et à vocation émancipatrice fondée à Prague en 1921 et dont la langue de travail est l'espéranto. Quarante-deux savants de l'Académie des sciences émettent la même année un vœu en faveur de son enseignement en tant que « chef d'œuvre de logique et de simplicité ». L'interdiction française est annulée en 1924 par le gouvernement d'Édouard Herriot. L'essor est important dans certains pays. Le linguiste anglais Edward Thorndike constate au début des années 1930 que l'espéranto est aussi répandu que l'allemand en Union Soviétique. Il est la principale activité culturelle de Laponie, sur la ligne ferroviaire de Luleå à Narvik. Des entraves à l'extension du tissu espérantophone apparaissent, parfois même avant les années 1930, comme au Portugal et en Roumanie. Des interdictions et même des persécutions le frappent pour longtemps au fur et à mesure que les régimes totalitaires gagnent l'Europe et le monde, à partir de 1933 en Allemagne et des purges staliniennes en URSS. Dimitri Snejko est le premier espérantiste russe à être arrêté en URSS, à Minsk, le 5 février 1936. Il ne sortira du goulag qu'en 1955 et mourra en 1957. En France, le Syndicat national des instituteurs émet un vœu en faveur de son enseignement en 1932 et un autre en 1937. Député du Rhône, Maurice Rolland dépose en 1935 une proposition de résolution « tendant à inviter le gouvernement à introduire la langue internationale espéranto dans les programmes de l'enseignement public ». L'intérêt de son application dans diverses sphères d'activités est argumenté à l'occasion d'une conférence internationale qui se tient à Paris en 1937 dans le cadre de l'Exposition internationale des Arts et des Techniques dans la vie moderne. Il en résulte que le ministre de l'Instruction publique Jean Zay estime souhaitable d'en faciliter l'étude. Son enseignement est admis dans le cadre des activités socio-éducatives par une circulaire ministérielle du 11 octobre 1938 dont le texte est toujours valide. Pour Hitler, l'espéranto est la langue de la conspiration juive et des francs-maçons, pour Staline, celle du cosmopolitisme bourgeois. Dans les années 40, ces deux hommes exercent le pouvoir sur la quasi-totalité de l'Europe continentale. L'espéranto est interdit, ses stocks de livres sont liquidés, bon nombre de ses partisans sont enfermés dans les camps de concentration. Au Japon, en Chine, en Espagne, au Portugal, les régimes au pouvoir pratiquent à son égard une politique moins violente, mais qui va dans le même sens. La Seconde Guerre mondiale a des effets nettement plus importants que la première sur la collectivité espérantophone et la laisse exsangue. La durée du coup de frein qui a interrompu son élan peut être globalement estimée à l'équivalent d'une génération. Le relèvement est d'autant plus difficile que la guerre froide entrave les échanges, et l'anglais s'impose peu à peu comme langue internationale. Le congrès international de l'Éducation Nouvelle, qui se tient à Paris en 1946, formule un projet pour l'enseignement de l'espéranto et la formation de maîtres à son enseignement. Sa valeur dans les échanges culturels internationaux fait l'objet de recommandations lors des conférences générales de l'UNESCO, en 1954 puis en 1985, et de l'Organisation mondiale du tourisme à Manille (Philippines) en 1980.
Après la guerre froide
En 1993, après une enquête longue et pointilleuse, le PEN-Club international admet l'Esperanta PEN-Centro en son sein. En juillet 1996, le manifeste de Prague, semble prendre le contre-pied du manifeste de Raùmo en inscrivant pour la collectivité espérantophone, des objectifs d'élargissement.
Aujourd'hui
Les démarches se poursuivent pour faire admettre l'espéranto comme langue à part entière dans l'enseignement, et auprès des organisations internationales pour son adoption comme langue auxiliaire commune à tous. Bien que dispersés aux quatre coins de la planète, les espérantophones ont su profiter des nouvelles technologies de communication tel que la messagerie électronique, les listes de diffusion et un nombre toujours croissant de sites Internet. En 2001, la version espérantophone du projet Wikipédia, est lancée, créant ainsi la deuxième encyclopédie généraliste écrite dans une langue construite. Elle est devenue un des sites Internet espérantophones les plus populaires. On peut également noter la création de sites d'informations internationales tel que Ĝangalo qui a créé une chaîne de télévision par Internet : Internacia Televido.
Langue auxiliaire internationale : utopie d'une langue artificielle universelle
Langue auxiliaire internationale
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Une langue auxiliaire ou langue auxiliaire internationale est une langue véhiculaire dont la neutralité permet de transcender les cultures.
Si le terme s'applique souvent aux langues construites, il peut aussi s'appliquer à certaines langues naturelles comme le latin et le grec ancien, car ces langues ont été adoptées par de nombreux peuples dans l'histoire comme lingua franca sans susciter de sentiment de domination culturelle.
Sommaire
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1 Critique des langues auxiliaires construites
1.1 Pour
1.2 Contre
2 Voir aussi
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Critique des langues auxiliaires construites
Pour
On dit parfois que les langues construites ne sont pas utiles, or la définition qu'on donne à utile sous-tend la réponse de cette affirmation. Les tenants de cette opinion considéreront bien sûr qu'on définit l'utilité d'une langue par le nombre de locuteurs qui la parlent, même si on peut aussi définir l'utilité d'une langue par les occasions qu'on a de la pratiquer, qui dépendent beaucoup de nos habitudes. Par exemple, Internet permet de pratiquer à peu près toutes les langues du monde. On peut aussi dire que l'anglais, l'italien ou l'espagnol ne sont pas utiles non plus, pour un francophone qui n'a jamais l'occasion de pratiquer ces langues.
Depuis 119 ans, nous prévient-on, l'espéranto n'a pas réussi. On dirait tout aussi bien, avec Victor Hugo:
Depuis six mille ans la guerrePlaît aux peuples querelleurs,Et Dieu perd son temps à faireLes étoiles et les fleurs.
Il serait donc inutile de travailler pour la paix, qui n'a pas réussi à s'établir au bout d'un temps incomparablement plus long.
Contre
Les langues construites sont théoriquement plus simples à apprendre vu la simplicité de leur grammaire, mais ceux qui prononcent cet énoncé ne tiennent souvent pas compte de leur diffusion limitée par rapport aux langues naturelles. L'avantage perd beaucoup de force. Par exemple, on ne peut pas louer ou acheter de DVD en espéranto au club vidéo du coin pour entendre parler la langue ni trouver facilement de livres imprimés en interlingua à la librairie. Internet est utile, mais toujours moins que pour une langue naturelle (quantité plus grande de ressources).
La difficulté de trouver d'autres locuteurs limite l'apprenant. Dans le cas d'une langue naturelle, les voyages d'apprentissage sont possibles.
Les langues construites se font compétition entre elles, en plus de faire compétition au latin qui a aussi une valeur multiculturelle et neutre. En revanche, l'anglais se démarque de loin des autres langues nationales véhiculaires.
Malgré la prétention de rester aussi simples que possible qu'ont les langues construites, la question des faux amis paraît impossible à résoudre, vu l'origine latine ou romane de leur lexique, dans de nombreux cas.
Aucune langue construite n'a jusqu'ici eu de succès important, malgré leur long parcours. Par exemple, l'esperanto existe depuis 119 ans et n'a été adopté par aucune institution autre que l'Akademio de Esperanto. Aucune autre langue construite n'est même connue du grand public.
Le latin, langue véhiculaire neutre et internationale par excellence dans l'histoire de l'humanité a subi un déclin important, malgré le soutien d'une institution notable, l'Église catholique. Les langues construites, elles, n'ont le soutien d'aucune institution qui leur sont extérieures (pays, organisation, fondation...), c'est-à-dire qui n'ont pas pour rôle principal de faire leur promotion.
1 commentaire:
Bonjour,
et félicitations pour ce brillant exposé, impartial et documenté.
En tant qu'espérantiste, je retrouve un grand nombre de détails que le public ne cherche pas à connaître d'habitude. Il est vrai que la pratique de l'Espéranto réclame une attitude volontariste, mais la récompense est de taille : converser simultanément avec des personnes de nationalités différentes, sans malentendu, sans difficulté, est une grande joie.
On mesure alors quelle richesse culturelle nous est offerte.
Koran dankon pro via disertacio, kaj eble ĝis alia fojo pri Esperanto !
Marie-Hélène
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